A quelque deux mois de la clôture de l’année 2026, cette réunion a été l’occasion pour la BCC d’annoncer une série de mesures visant à outiller le système financier congolais face aux turbulences de l’environnement économique confronté à des incertitudes tant interne qu’externe. Parmi les mesures annoncées, le maintien à 16,5% du taux de la facilité de prêt marginal. Le CPM a, par ailleurs, décidé de conserver les coefficients de réserve obligatoire et de dégeler une partie de la réserve obligatoire cristallisée. Pour les dépôts en monnaie nationale, les coefficients restent fixés à 10,5 % pour les dépôts à vue et à 0 % pour les dépôts à terme. Quant aux dépôts en devises, ils demeurent respectivement à 11,5 % pour les dépôts à vue et 10,5 % pour les dépôts à terme, quand la réserve obligatoire levée sur les dépôts en monnaie nationale sera rémunérée à 0,5 %. Pour les acteurs de la BCC, ces mesures s’inscrivent « dans la dynamique de transformation portée par le Plan stratégique 2026-2030, qui ambitionne de faire de la BCC une institution moderne, crédible, innovante et davantage connectée aux réalités du terrain ».
Ces différentes décisions interviennent dans un contexte marqué par une hausse de l’inflation. Celle-ci est passée de 4,83 % à fin juin à 7,25 % à fin septembre 2026. Selon la BCC, cette accélération s’explique notamment par la hausse des prix des produits alimentaires, en particulier les céréales, ainsi que par les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement. A ces facteurs externes s’ajoutent des pressions internes sur les prix dans certaines villes, sur fond de conflit dans l’Est du pays et d’épidémie d’Ebola. Malgré cette progression, la banque des banques estime que le rythme de formation des prix demeure « globalement maîtrisé », et considère qu’un taux d’intérêt réel suffisamment positif devrait contribuer à contenir les pressions inflationnistes.
Une inflation attendue à 6,40 % en 2027
Sur le front de l’activité économique, la BCC projette une croissance du PIB réel de 5,4 % en 2026, contre 5,7 % en 2025. L’institut d’émission relève toutefois une contribution croissante des secteurs non miniers, qu’il considère comme un signe de diversification progressive de l’économie congolaise. Sur le marché des changes, le dollar américain valait, au 30 septembre, 2 267,80 CDF sur le marché interbancaire et 2 325,56 CDF sur le marché parallèle. Par rapport à fin juin, le franc congolais s’est déprécié de 1,05 % sur le marché interbancaire, tandis qu’il s’est apprécié de 0,13 % sur le marché parallèle. Les réserves internationales s’établissaient, quant à elles, à 7,8 milliards de dollars américains au 29 septembre, représentant environ 2,96 mois d’importations de biens et services. Ce qui équivaut presque au niveau de trois mois généralement recommandé. Pour les prochains mois, la BCC table sur une inflation de 8,90 % à fin 2026, avant une baisse attendue à 6,40 % en 2027. Le taux de change devrait, selon ses projections, se situer autour de 2 270 CDF pour un dollar à fin 2026, puis à 2 294,20 CDF à fin 2027.

Plusieurs risques pourraient toutefois affecter ces perspectives. La BCC cite notamment une éventuelle aggravation du conflit au Moyen-Orient, la volatilité des cours des matières premières, la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC ainsi que l’évolution de la situation sanitaire liée à Ebola, qui pèsent actuellement sur les finances publiques. Face à ces incertitudes, le CPM assure qu’il reste disposé à utiliser ses instruments de politique monétaire et de change pour préserver la stabilité macroéconomique.
En attendant la prochaine réunion du CPM, fixée au 12 janvier 2027 à Kinshasa par le gouverneur André Wameso Nkualoloki, l’enjeu pour la BCC sera de contenir les pressions inflationnistes tout en préservant les conditions nécessaires au financement de l’activité économique et à la diversification de la croissance.
B.D.



