Lualaba : Louis Watum veut faire passer la participation congolaise au capital minier à l’étape concrète

Le gouvernement congolais veut franchir un cap dans l'implication des nationaux au sein de l'industrie minière.

En déplacement à Kolwezi, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a échangé, mercredi 28 octobre 2026, avec les opérateurs miniers industriels sur trois préoccupations majeures : la participation des Congolais au capital des entreprises, l’encadrement de l’exploitation artisanale et le respect des normes environnementales. Cette rencontre de travail s’est tenue en présence de la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, ainsi que des représentants de la Chambre des Mines, de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et de plusieurs services étatiques.

Au-delà des échanges institutionnels, Kinshasa entend obtenir des avancées concrètes dans la gouvernance d’un secteur qui constitue l’un des principaux moteurs de l’économie nationale. L’ambition est notamment de faire en sorte que les richesses générées par l’exploitation des ressources naturelles profitent davantage aux Congolais.
Faire passer la participation congolaise à la pratique
Le premier dossier abordé concerne l’accès des nationaux au capital des entreprises minières. Sur ce point, Louis Watum Kabamba a rappelé les dispositions du Code minier révisé en 2018 et plaidé pour l’avancement du projet de décret devant préciser les modalités de leur application. Pour le gouvernement, l’enjeu est de traduire les prescriptions légales en mécanismes opérationnels, afin de permettre aux Congolais de prendre une place plus importante dans l’actionnariat des sociétés minières. Cette orientation pose également la question de la redistribution des retombées économiques de l’exploitation minière. Malgré l’importance des investissements réalisés dans le secteur, les autorités veulent renforcer la participation nationale à la création de richesses et faire bénéficier davantage l’économie locale des activités extractives. La concrétisation de cette ambition nécessite toutefois un dialogue avec les opérateurs industriels, notamment pour définir les modalités pratiques de cette participation et tenir compte des réalités économiques des entreprises.
L’exploitation artisanale au défi de l’organisation
La deuxième préoccupation porte sur l’expansion de l’exploitation minière artisanale dans le Lualaba. La multiplication des creuseurs soulève des difficultés liées à la sécurité, à l’organisation des activités et à la cohabitation entre exploitants artisanaux et sociétés industrielles. Face à cette situation, le ministre des Mines a appelé les entreprises à prendre part, aux côtés de l’État et des communautés locales, à la recherche de solutions pérennes. La viabilisation des zones d’exploitation artisanale (ZEA), l’accompagnement technique et financier des coopératives minières, la formation professionnelle et la promotion d’activités économiques alternatives figurent parmi les pistes envisagées. L’objectif est de mieux organiser cette activité, tout en réduisant les tensions entre les différents acteurs et en offrant aux populations concernées des perspectives économiques durables. Pour les autorités, la régulation de l’exploitation artisanale ne saurait se limiter aux opérations de contrôle. Elle doit également s’appuyer sur des dispositifs d’encadrement, de formation et d’accompagnement des communautés.
Les exigences environnementales au centre des préoccupations
La protection de l’environnement a constitué le troisième axe des discussions. À cette occasion, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat a attiré l’attention des opérateurs miniers sur le respect des normes environnementales encadrant leurs activités. Dans une province où les opérations extractives occupent une place prépondérante, la préservation des écosystèmes et la protection des populations riveraines demeurent des préoccupations importantes. Les entreprises sont ainsi appelées à intégrer davantage leurs responsabilités environnementales et sociales dans la conduite de leurs projets, conformément aux exigences réglementaires en vigueur.
Des échanges aux résultats attendus
À l’issue de cette réunion, Louis Watum Kabamba a réitéré la volonté du gouvernement de maintenir le dialogue avec les opérateurs miniers afin de faire progresser les différents dossiers abordés. La participation des Congolais au capital des sociétés minières, la structuration de l’exploitation artisanale et le renforcement des obligations environnementales constituent désormais autant de chantiers sur lesquels les autorités attendent des avancées. Cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre par le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Pour la RDC, le défi ne consiste plus seulement à attirer les investissements dans le secteur minier, mais aussi à mieux transformer l’exploitation de ses ressources naturelles en opportunités économiques pour ses citoyens. Au Lualaba, les discussions engagées avec les industriels illustrent cette volonté de concilier investissements, participation nationale et exploitation responsable des ressources.
Ben Dibanzilua