Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, s’est rendu les 19 et 20 octobre à Gmund am Tegernsee et à Leipzig, en Allemagne, afin de visiter les installations de Giesecke+Devrient (G+D), un groupe germanique spécialisé notamment dans les technologies de sécurité monétaire et l’impression fiduciaire. Au programme : des échanges avec les dirigeants et les experts du groupe, ainsi que des visites de sites industriels.
Au-delà du déplacement, la visite du banquier central rd-congolais s’inscrit dans un chantier plus large : moderniser la production des billets de franc congolais, renforcer leur sécurité et améliorer leur disponibilité sur l’ensemble du territoire national.
Dans une économie où le billet vert occupe encore une place importante dans les échanges quotidiens, la mise en œuvre d’une telle mesure suppose que les Congolais puissent disposer de billets en monnaie nationale en quantité suffisante, mais aussi de coupures fiables et sécurisées. C’est précisément sur ce terrain que la BCC entend avancer. L’institution cherche à améliorer la qualité des signes monétaires, à moderniser l’imprimerie de l’Hôtel des Monnaies — qui jouxte l’imposant bâtiment abritant l’institution bancaire — et à renforcer les capacités nationales de production. Les installations de Giesecke+Devrient offrent à la délégation congolaise l’occasion d’observer des technologies et des méthodes de production utilisées dans le secteur fiduciaire. La sécurité des billets, les procédés industriels et la modernisation des équipements figurent parmi les enjeux de cette démarche. Cependant, pour les responsables de la Banque centrale, l’objectif ne se limite pas à améliorer la fabrication des billets en circulation. Il s’agit également, à terme, de doter le pays d’une capacité nationale plus solide dans la production monétaire et dans la fabrication de documents de valeur. Kinshasa affiche ainsi une ambition régionale : renforcer son savoir-faire dans un domaine stratégique, où la maîtrise technologique, la sécurité et la fiabilité des moyens de paiement jouent un rôle essentiel.
Une capacité nationale plus solide dans la production monétaire
Cette visite d’exploration de technologies de production sécurité de billets, en Allemagne, revêt par ailleurs une importance particulière à six mois de l’entrée en vigueur d’une mesure de la BCC visant le domaine des transactions. En effet, à compter d’avril 2027, seules les transactions en espèces dans la monnaie nationale seront autorisées sur toute l’étendue du pays. En revanche, les paiements en devises se feront obligatoirement par d’autres canaux, à savoir les virements, les moyens électroniques, etc. Dans cette perspective, la BCC devra donc relever un double défi : moderniser les infrastructures monétaires et veiller à ce que les coupures en francs congolais soient d’abord de bonne qualité puis disponibles en quantité suffisante pour accompagner l’évolution des pratiques cambiaires.
Les sites industriels allemands ont permis à André Wameso d’observer des solutions de production de billets de banque à la pointe de la technologie. Un déplacement fort utile pour la suite de l’agenda du gouverneur qui s’érige en réformateur patenté.
La Rédaction



