Lancement de la plateforme FXGO en RDC

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso Nkualoloki.

Un nouveau cap vient d’être franchi par la Banque centrale du Congo. Son gouverneur, André Wameso, a officiellement lancé, le 21 mai 2026, la plateforme FXGO de Bloomberg pour renforcer le contrôle de l’institution financière sur le marché des changes en RDC.

Depuis sa nomination, en juillet 2025, à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, s’est juré de faire du franc congolais une référence robuste et fiable dans les transactions financières. Le lancement, en mai dernier, du module B-Match de la plateforme Bloomberg FXGO en RDC, une réforme majeure saluée par la communauté bancaire locale, l’institution financière modernise le marché des changes, renforce la transparence des transactions interbancaires et, au final, aligne la RDC sur les standards internationaux. « L’adoption de la solution B-Match de Bloomberg représente une étape importante dans nos efforts visant à apporter davantage de transparence et de structure au marché des changes de la RDC », a déclaré le gouverneur de la BCC, ajoutant qu’ « en établissant une référence solide et fiable pour le franc congolais, nous favorisons un environnement plus stable et plus crédible pour l’ensemble des acteurs du marché ».

Selon Anthony Di Savino, responsable crédit des régions Moyen-Orient et Afrique chez Bloomberg, la plateforme FXGO module B-Match offre de nombreux avantages : elle permet de découvrir les prix de transaction du marché de change, de compiler les prix de plusieurs fournisseurs de liquidités sur un seul écran, d’avoir des plans de négociations, de réajuster le marché en temps réel, de fournir des options de traitement automatique. Le plus grand gain de cette plateforme est sans contexte la « transparence des prix », qui permet d’éviter l’asymétrie d’informations sur le marché de change. La Banque centrale du Congo dispose ainsi de toutes les informations du marché, un atout indéniable pour sa politique de change. La transparence est accrue et la spéculation nocive réduite. C’est ainsi que Bloomberg appuie la mise en œuvre de la plateforme FXGO et accompagne la BCC, ainsi qu’une dizaine de banques supplémentaires et autres opérateurs du marché. Pour les cadres de Bloomberg, la solution B-Match de FXGO s’impose de plus en plus comme la solution privilégiée par les banques centrales africaines souhaitant renforcer la liquidité et l’intégrité du marché. Avant la RDC, plusieurs pays du continent, tels  l’Angola, le Nigeria, le Kenya, ont déjà adopté la plateforme B-Match dans leurs cadres nationaux de marché des changes afin de soutenir la croissance économique.

Une architecture nouvelle et un système financier plus solide

On comprend mieux pourquoi le gouverneur de la Banque centrale du Congo évoque la mise sur pied d’une nouvelle architecture. Celle-ci met fin à l’actuel taux de change indicatif qui résultait d’une moyenne pondérée. Cette méthode, BCC-FOR-EX, incluait des biais (des marges d’erreurs), qui ne donnaient pas une idée exacte du fonctionnement du marché de change dans sa profondeur et dans son intensité. Les données étant difficilement vérifiables. Il en résultait des tensions spéculatives et la dépréciation continue de la monnaie nationale. Ces explications fournies par l’autorité monétaire, André Wameso, montre à suffisance l’existence d’une véritable hémorragie qui peut être considérée comme un cercle vicieux dans l’économie du pays. Et cette hémorragie mérite d’être « stoppée », selon le gouverneur de la BCC. En effet, explique-t-il, la spéculation sur le taux de change renchérit les coûts des biens et services pour les opérateurs économiques et frappe de plein fouet les revenus des ménages. C’est ainsi que la BCC, dans sa volonté de réformes et dans sa quête constante de modernité, a décidé d’abandonner le système BCC-FOR-EX de calcul du taux de change indicatif pour la plateforme FXGO à travers son modèle B-Match. Ce dernier est un outil stratégique qui permet de déterminer le cours de change à base des transactions interbancaires. L’image serait un circuit bien fermé qui évite les fuites comme les intrusions. Mais, rien en économie ne se fait totalement en vase clos.

Les experts de Bloomberg encadrent ici le gouverneur de la BCC, André Wameso, et le vice-gouveneur William Phambu-Phambu

Le module B-Match a également pour objectif d’influencer positivement le marché parallèle et, in fine, de l’absorber. Le numéro un de l’institut d’émission compte travailler étroitement avec les entreprises qui brassent le plus de devises. Il a notamment ciblé les compagnies minières et pétrolières. Le volume de devises brassées et l’élargissement du marché de change interbancaire doivent, pour lui, consolider le marché financier primaire et jeter les bases du marché secondaire. André Wameso appelle de tous ses vœux la promulgation de la loi sur les marchés boursiers (le marché financier secondaire). Il compte justement sur les entreprises minières et pétrolières et les bons BCC pour bâtir un écosystème financier solide. Il y croit, car il est certain que des spéculateurs en mal de profit juteux ou des demandeurs de devises en désespoir de cause ne pourront plus polluer le marché des changes interbancaire, car la plateforme FXGO, avec son module B-Match, est totalement opérationnelle et y veille.

Jean-Louis Miasuekama