Lancement de la plateforme FXGO en RDC

Les experts de Bloomberg encadrent ici le gouverneur de la BCC, André Wameso, et le vice-gouveneur William Phambu-Phambu

Un nouveau cap vient d’être franchi en RDC par la Banque centrale du Congo (BCC). Son gouverneur, André Wameso, a officiellement lancé, jeudi 21 mai, à Kinshasa, la plateforme FXGO de Bloomberg.

Il s’agit d’une première pour la République démocratique du Congo. C’est le résultat de six mois de préparation entre les équipes de Bloomberg et celles de la BCC comme l’a indiqué son directeur général de la politique monétaire, Jean-Louis Kayembe. Ce dernier a invité l’assistance (composée des cadres de la BCC, des représentants des banques, de l’ACB, de la FEC, etc.) à prendre connaissance de la valeur ajoutée, des spécificités, des fonctionnalités et des nouveautés qu’apporte au marché des changes l’implémentation de la plateforme FXGO avec son module B Match. C’est ainsi que les experts de Bloomberg sont entrés en scène pour éclairer la lanterne de l’auditoire. Paul Hopkinson, chef de projet FXGO basé à Londres, a présenté le groupe Bloomberg dont le siège est domicilié à New York aux États-Unis. Implantée dans 140 pays, cette firme est le leader mondial dans le traitement de l’information économique et financier. Pour la petite histoire, Bloomberg est donc un groupe américain de médias et de technologies, spécialisé dans l’information économique et financière fondée en 1981 par Michael Bloomberg. Il s’agit de l’un des piliers incontournables du système financier mondial. Il a déjà déployé sa plateforme FXGO en janvier 2024 au Kenya et en décembre de la même année au Nigeria. Cette fois, c’est au tour de la RDC. “FXGO” ou FX comme « Foreign Exchanges ” ou « marché des changes ou de devises » en français et “GO” pour la commande d’accès sur le clavier du terminal Bloomberg. Les cadres et agents commis au marché des changes interbancaire travaillent désormais les yeux rivés sur des terminaux en temps réel, fruit de la technologie de la plateforme FXGO selon le module B Match de Bloomberg.

Les avantages et atouts de FXGO pour la BCC et le système bancaire

L’autre haut cadre de cette firme, responsable crédit des régions Moyen-Orient et Afrique, basé à Dubaï, Anthony Di Savino, a, quant à lui, développé, dans son intervention, les avantages de cette plateforme FXGO module B Match. Cette dernière permet de découvrir les prix de transaction du marché des changes, de compiler les prix de plusieurs fournisseurs de liquidités sur un seul écran, d’avoir des plans de négociations, de réajuster le marché en temps réel, de fournir des options de traitement automatique. Le plus grand gain de cette plateforme est sans contexte la « transparence des prix » qui permet d’éviter l’asymétrie d’informations sur le marché des changes. En effet, la Banque centrale du Congo dispose ainsi de toutes les informations du marché, un atout indéniable pour sa politique de change. La transparence est accrue et la spéculation nocive réduite. C’est ainsi que Bloomberg appuie la mise en œuvre de la plateforme FXGO et accompagne la BCC, les banques et les autres opérateurs du marché.

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso Nkualoloki

Une architecture nouvelle et un système financier plus solide

On comprend mieux pourquoi le gouverneur de la banque centrale du Congo évoque la mise sur pied d’une nouvelle architecture. Celle-ci met fin à l’actuel taux de change indicatif qui résultait d’une moyenne pondérée. Cette méthode, BCC-FOR-EX, incluait des biais (des marges d’erreurs) qui ne donnaient pas une idée exacte du fonctionnement du marché de change dans sa profondeur et dans son intensité. Les données étant difficilement vérifiables. Il en résultait des tensions spéculatives et la dépréciation continue de la monnaie nationale. Ces explications fournies par l’autorité monétaire, André Wameso, montre à suffisance l’existence d’une véritable hémorragie qui peut être considérée comme un cercle vicieux dans l’économie du pays. Et cette hémorragie mérite d’être « stoppée » aux dires du gouverneur de la BCC. En effet, selon ses explications, la spéculation sur le taux de change renchérit les coûts des biens et services pour les opérateurs économiques et frappe de plein fouet les revenus des ménages. C’est ainsi que la BCC, dans sa volonté de réformes et dans sa quête constante de modernité, a décidé d’abandonner le système BCC-FOR-EX de calcul du taux de change indicatif pour la plateforme FXGO à travers son modèle B Match. Ce dernier est un outil stratégique qui permet de déterminer le cours de change à base des transactions interbancaires L’image serait un circuit bien fermé qui évite les fuites comme les intrusions. Mais rien en économie ne se fait totalement en vase clos. Le module B Match a également l’objectif d’influencer positivement le marché parallèle et de l’absorber in fine. Le numéro un de l’institut d’émission compte travailler étroitement avec les entreprises qui brassent le plus de devises. Il a ciblé les compagnies minières et pétrolières. Le volume de devises brassées et l’élargissement du marché de change interbancaire doivent, pour lui, consolider le marché financier primaire et jeter les bases du marché secondaire. André Wameso appelle de tous ses vœux la promulgation de la loi sur les marchés boursiers (le marché financier secondaire). Il compte justement sur les entreprises minières et pétrolières et sur les bons BCC pour bâtir un écosystème financier solide. Il y croit car il est certain que des spéculateurs en mal de profit juteux ou des demandeurs de devises en désespoir de cause ne pourront plus polluer le marché de change interbancaire car la plateforme FXGO avec son module B Match est totalement opérationnelle et y veille.

Jean-Louis Miasuekama