Dans son discours d’ouverture, le président de cette assemblée consultative a dressé le bilan des activités menées durant la période d’intersession et présenté les principales matières qui devraient retenir l’attention des conseillers de la République d’ici au 1er décembre 2026. Celle-ci intervient dans un contexte marqué par d’importants défis économiques et sociaux, mais également par des enjeux liés à la cohésion nationale, à la sécurité, au développement territorial et à la recherche de solutions durables aux fragilités structurelles du pays.
D’entrée de jeu, le président du CES, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a rappelé la responsabilité qui incombe à cette institution dans l’analyse des grandes questions socio-économiques nationales. Après avoir rendu hommage à deux conseillers (Bénard Tassot-Soladiou Maloukali, vice-Premier ministre honoraire et ancien ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, ainsi que de Célestin Rougier-Mouquet-Limembo, l’un des membres représentant les pouvoirs régaliens au sein de l’institution) décédés au cours de la période d’intersession.
Fiscalité, investissements et diversification de l’économie
Dans son discours d’ouverture, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala a fait une analyse de la situation nationale, en insistant sur la nécessité pour la RDC d’adapter sa fiscalité à son contexte économique et de renforcer l’attractivité du pays pour les investissements. Il a notamment plaidé pour le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), considérées comme un moteur potentiel de croissance et de création d’emplois. Selon lui, la RDC ne peut durablement fonder sa politique économique sur l’exploitation minière. Le pays doit diversifier son économie et développer d’autres secteurs capables de soutenir la croissance lorsque les marchés internationaux des matières premières connaissent des fluctuations. « Cette stratégie passe, a-t-il souligné, par l’amélioration de la qualité des ressources humaines, la rationalisation des procédures administratives, la stabilité du cadre fiscal et juridique ainsi que l’amélioration du climat des affaires ». D’où une mise en garde du CES contre le risque d’une pression fiscale excessive, qui pourrait peser sur les entreprises et limiter leur capacité à investir, innover et créer des emplois.

Le dialogue national, une opportunité de cohésion
Abordant le plan politique et sécuritaire, qui prévaut actuellement dans le pays, le président du Conseil économique et social a estimé que le dialogue convoqué par les autorités intervient dans un contexte où la cohésion nationale demeure un enjeu majeur. Sans entrer dans les confrontations politiques, il a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la recherche de compromis face aux tensions qui traversent le pays. « Lorsqu’une nation est traversée par des tensions, aucune occasion de se parler ne doit être méprisée. Le refus du dialogue ne résout rien ; il ne fait souvent que repousser les problèmes et aggraver les fractures », a-t-il déclaré, estimant que « le refus du dialogue ne permet pas de résoudre durablement les problèmes ». Alors que les avis divergent sur le processus de déroulement de ces assises, le CES a annoncé sa disponibilité à apporter sa contribution à leur tenue, notamment à travers son expertise et sa capacité à recueillir les préoccupations des différentes composantes de la société. L’institution entend notamment contribuer à faire émerger des propositions susceptibles de répondre aux réalités vécues dans les provinces et les territoires.
Emploi et défis sociaux au cœur des préoccupations
Sur le plan social, le président du Conseil a également attiré l’attention sur la situation de l’emploi, qu’il juge préoccupante. La question du chômage, les déplacements internes de populations et les difficultés sociales constituent, selon lui, autant de défis qui nécessitent des réponses structurelles. Pour Jean-Pierre Kiwakana, les politiques publiques doivent davantage prendre en compte les réalités des populations et favoriser la création d’emplois durables, notamment à travers la diversification de l’économie, l’investissement productif et la valorisation du capital humain.
À travers cette session ordinaire d’octobre 2026, l’institution entend ainsi poursuivre sa mission consultative en mettant l’accent sur les questions économiques, sociales, environnementales et territoriales qui touchent directement la population congolaise.
Ben Dibanzilua



