Il aura fallu plus d’un an pour que les pioches reprennent leur place dans le paysage minier de Mulondo. Lundi 2 novembre, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est rendu sur ce site situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Kolwezi, dans le territoire de Mutshatsha. À ses côtés, le ministre provincial des Mines et les membres de la commission interservices chargée de l’assainissement dudit secteur. Sur place, Louis Watum a procédé à la mise en œuvre de la solution permettant la réinstallation des creuseurs artisanaux, membres de la coopérative minière Comikan. Derrière la reprise annoncée des activités, se joue une question bien plus large : celle de la cohabitation entre exploitation industrielle et exploitation artisanale, dans une région où le sous-sol fait vivre autant qu’il attise les convoitises.
Le différend remonte à l’arrivée de la société minière et de services Pajeclem, qui a repris un site longtemps exploité par un autre opérateur, Chemaf. Cette transition avait entraîné le départ des exploitants artisanaux regroupés au sein de la coopérative Comikan. Depuis, les creuseurs attendaient de retrouver l’accès à leurs zones de travail. Le compromis trouvé tient en deux carrés miniers cédés par l’actuel exploitant à la coopérative. Les artisans peuvent reprendre leurs activités, tandis que l’entreprise conserve ses prérogatives industrielles. Une ligne de partage est ainsi tracée, avec la loi pour cadre et les responsabilités de chacun pour principe.

Cette visite de terrain a permis à Louis Watum Kabamba d’inspecter le site, de recueillir les préoccupations des parties et de donner ses orientations. Les représentants des deux camps ont salué l’accord mis en œuvre. Le directeur général de Comikan a notamment exprimé sa reconnaissance au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et au ministre des Mines. Mais son adresse aux creuseurs a surtout retenu l’attention : responsabilité, respect des règles et abandon des pratiques contraires à l’éthique. Un rappel qui souligne que la reprise des activités devra aussi s’accompagner d’un changement de comportement.
Pour Kinshasa, Mulondo offre ainsi l’image d’une cohabitation possible entre opérateurs industriels et exploitants artisanaux. L’assainissement du secteur ne saurait se réduire aux contrôles et aux sanctions ; il suppose également des mécanismes de concertation et des arrangements capables de préserver les intérêts des différentes parties. À Mulondo, la reprise des activités marque une étape. Elle ne règle pas nécessairement tout. Car, au-delà des signatures et des déclarations de satisfaction, la véritable mesure de la mise en œuvre dudit accord se lira dans la réalité du terrain : le nombre de creuseurs effectivement réinstallés, leurs conditions de travail et la durée de cette cohabitation.
La Rédaction



