Le Corridor de Lobito, ligne ferroviaire de 1 700 km reliant le port de Lobito, en Angola, à la région minière de Kolwezi, en République démocratique du Congo et la Zambie, ne devrait pas être réduit à une simple voie d’évacuation des minerais congolais vers l’océan Atlantique. C’est le message porté par Louis Watum Kabamba, le 24 septembre à New York, en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies. Le ministre intervenait au forum « Financing Africa’s Future », organisé par Invest Africa sur le financement des corridors stratégiques africains, avec un accent particulier sur le Corridor de Lobito. Pour Kinshasa, l’enjeu consiste à tirer davantage de valeur de cette infrastructure en développant, autour du corridor, des activités liées à l’énergie, à la transformation locale, à l’industrie et aux services. « Pour la RDC, le chemin de fer est l’épine dorsale, mais l’industrialisation est l’objectif », a déclaré Louis Watum Kabamba, en présence de représentants de l’Africa Finance Corporation (AFC), de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) et de TechMet.
Cette ambition passe notamment par l’amélioration des infrastructures ferroviaires reliant les zones minières du sud-est de la RDC au réseau qui mène au port angolais de Lobito. Le ministre, qui connaît bien la géographie locale, a notamment évoqué la liaison Dilolo-Sakania, longue de plus de 1 000 kilomètres, qui doit contribuer à renforcer les connexions entre le Lualaba, le Haut-Katanga et le Corridor de Lobito. Au-delà du rail, le gouvernement congolais entend favoriser l’émergence d’un véritable écosystème économique autour de cette infrastructure. La transformation du cuivre et du cobalt, la fabrication d’équipements électriques, l’ingénierie, la maintenance, les services ainsi que le développement des PME et la sous-traitance locale figurent parmi les secteurs concernés. Sans oublier l’agriculture, qui pourrait également profiter de l’amélioration des infrastructures et de l’intensification des échanges le long de cet axe.
Transformer l’avantage logistique en emplois
Pour la RDC, le véritable défi consiste désormais à transformer l’avantage logistique du Corridor de Lobito en retombées économiques durables, en favorisant davantage de transformation locale, avec la participation renforcée des entreprises congolaises à la sous-traitance, pour stimuler la création d’emplois et d’activités industrielles. À travers cette approche, Kinshasa veut faire du Corridor de Lobito un instrument d’intégration régionale et de diversification de l’économie congolaise, en rapprochant les zones de production des infrastructures, des marchés et des sources de financement. Un axe structurant de la prochaine phase d’industrialisation de la RDC, dans le cadre des orientations du président Félix Tshisekedi et sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Ben Dibanzilua



